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La Vie spirituelle renouvelée

 

 

            Dans les Médias, dans les discours, dans les réactions, on parle des religions d’une façon globale. Elles sont toutes pour la paix, la compassion. Cette année, notre site mettra l’accent sur l’originalité du christianisme. Nous ouvrons ce cycle en laissant la parole à Gilbert LOUIS, évêque émérite de Châlons en Champagne. Dans la chapelle des Clarisses d’Alençon le Père Gilbert Louis rejoint la communauté et y célèbre la messe quotidienne. Derrière l’autel, sur un mur tout blanc de 7 mètres de haut, la reproduction de la croix de François d’Assise attire le regard sur Jésus crucifié et déjà illuminé intérieurement.

                               

          Le 30 septembre 2016, s’est tenue une exposition au musée départementale d’art religieux à Sées (Orne). Depuis longtemps, le musée souhaitait s’ouvrir à l’art contemporain. L’exposition a donc fait se rencontrer une sélection d’œuvres issues du fond départemental d’art contemporain à des œuvres patrimoniales conservées au musée, le principe étant qu’elles se répondent entre elles. Dans une première partie, étaient proposés des rapprochements uniquement formels entre les œuvres par un jeu de libre association. La deuxième partie, centrée sur la passion du Christ, invitait à découvrir la manière dont des artistes contemporains revisitent ces images présentes dans les églises. La préface qui a été demandée au Père Gilbert LOUIS par l’organisatrice de l’exposition pour le livret de présentation, introduit notre réflexion de cette année.

       « Parmi les œuvres que nous trouvons exposées de manière dialogale, contemporaines ou anciennes, picturales ou non, figure en bonne place l’évocation de la Passion du Christ. Elle y est traduite par différents artistes, au travers d’une diversité de représentations. Au centre, une pieuse image qui  semble tout droit sorti d’un missel d’autrefois, par la parole qui se détache en lettres dorées sur fond rouge, pourrait bien offrir une clé essentielle nous permettant de relier entre elles l’ensemble de ces œuvres. Quelle est cette parole ? « Ceci est mon corps ».

Le corps est aujourd’hui un centre d’intérêt important, en particulier pour les hommes et les femmes de nos sociétés occidentales. Qu’il suffise de rappeler tout ce qui a trait aux progrès dans le domaine  de la santé, à la recherche du bien-être, au souci d’une alimentation saine, à la crainte de la souffrance physique ou morale, à l’occultation de la mort. Mais ce corps inspire aussi très largement la création artistique. Tout ce qui écrase l’homme et l’exclut du corps social, tout ce qui déforme et meurtrit la chair humaine, est devenu source de création chez nombre d’artistes contemporains au point de faire de leur propre corps, comme certains s’y exercent dans le body-art, le lieu même d’une « performance ».

Dans les représentations de la passion, nous n’avons certes pas un corps idéalisé, performant, idolâtré, ‘augmenté’ mais le corps d’un homme bafoué, humilié, flagellé, torturé.  Le corps d’un homme que le prophète Isaïe décrivait déjà, dans son annonce du serviteur souffrant, « si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme… méprisé, abandonné de tous, semblable au lépreux dont on se détourne… retranché de la terre des vivants ».

Dès lors, faut-il s’étonner que beaucoup d’artistes, quand bien même leurs racines ne plongent plus  ou pas du tout dans un terreau chrétien, veuillent encore se référer à la figure du Christ sur la croix ? En lui, n’est-ce pas le destin de l’humanité souffrante toute entière qui se trouve projeté ? A travers ses propres souffrances d’homme humilié, violenté, outragé, les artistes semblent entrevoir toutes les misères de l’humanité, misères de la violence, de l’oppression, de la domination des hommes sur d’autres hommes Or, dans la figure de Jésus, toutes ses misères trouvent ainsi leur prototype. Malgré la sécularisation, notre culture reste marquée par une symbolique toujours parlante et inspiratrice.

Il va de soi que nous n’avons pas attendu l’art contemporain pour oser peindre un visage de Jésus en croix, douloureux, non glorieux, abandonné de tous ! C’est oublier le retable d’Issenheim à Colmar peint par Grünewald vers 1512, où Jésus en croix a l’apparence d’un lépreux. Rappelons que ce tableau était destiné à des lépreux qui pouvaient ainsi se projeter en celui qui a accepté librement de s’identifier à la maladie et aux souffrances humaines pour nous sauver. Une œuvre rebutante, penseront certains, et cependant porteuse d’espérance pour ceux à qui elle était destinée.

En 1999, Jean-Paul s’adressait aux artistes dans une lettre dont un passage, par son audace et sa profondeur, mérite l’attention : « L’art, quand il est authentique, a une profonde affinité avec le monde de la foi, à tel point que même lorsque la culture s’éloigne considérablement de l’Eglise, il continue à constituer une sorte de pont jeté vers l’expérience religieuse. Parce qu’il est recherche de la beauté, fruit d’une imagination qui va au-delà du quotidien, l’art est par nature une sorte d’appel au Mystère. Même lorsqu’il scrute les plus obscures profondeurs de l’âme ou les plus bouleversants aspects du mal, l’artiste se fait en quelque sorte la voix de l’attente universelle de rédemption. » 

Est­-il interdit de penser qu’en parcourant cette exposition qui fait la part belle à la Passion du Christ, une fissure fende ce qui resterait de dureté dans les cœurs pour laisser fleurir un peu de compassion ? »

+ Gilbert LOUIS, évêque émérite de Châlons en Champagne

                                                                         

 

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